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Anibé

Écolo, mais pas que… Redécouvrir mère Nature et faire avancer le monde ?

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«Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire»

Par Anibé :: jeudi 30 août 2007 à 18:24 :: • On remonte les manches

Vous connaissez ce code-là ??? Non ? Vous perdez quelque chose !

C'est ce "code" qui permet à des entreprises de mettre les pieds dans les établissements scolaires pour embrigader les mômes avec la publicité, et les pousser à consommer des tas de saletés qui les mèneront sur le chemin de l'obésité…
Entre autre.


Vous pouvez faire quelque chose en vue de soustraire vos enfants à l'influence néfaste du tout-puissant marketing:
Envoyez la lettre ci-dessous à votre député. Et même à tous les députés, ça ne mange pas de pain. - Les adresses sont sur www.assemblee-nationale.fr (je mets le lien dans la liste à gauche -liste du bas-)

***

Pour l’abrogation du «Code de bonne conduite des entreprises en milieu scolaire»,
Pour une initiative parlementaire protégeant les enfants des agressions publicitaires

Madame la Députée, Monsieur le Député,

L’Assemblée nationale avait dès 1936 proclamé l’interdiction absolue de toute publicité à l’école. Ce principe protecteur de l’enfance a été sans cesse réaffirmé témoignant ainsi de l’existence d’un véritable consensus national sur cette question. Le ministère de l’Education nationale a publié, au BOEN n° 14 du 5 avril 2001, la circulaire n°2001-053 intitulée «Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire». Ce texte qui introduit la notion contestable de «neutralité commerciale» a permis de multiplier les interventions des marques dans les écoles : kits pédagogiques, jeux-concours, sponsoring, etc. Beaucoup de députés de droite comme de gauche ont interrogé les ministres successifs sur le risque de violation du principe de «neutralité scolaire» que crée le flou de cette circulaire administrative. Le Conseil d’Etat a cependant conclu à sa légalité (2 novembre 2002).
Seul le dépôt d’un nouveau texte de loi permettrait de créer un vaste débat national sur la meilleure façon de protéger les enfants des agressions publicitaires notamment à l’école. Veut-on que les élèves français soient obligés demain comme aux Etats-Unis de regarder tous les matins un programme de publicité dans les classes ? Acceptera-t-on que l’on fixe des objectifs de vente de boissons ou autres produits sous prétexte de réalisme économique et de partenariat avec des entreprises ?
L’école doit rester un lieu d’apprentissage à l’autonomie et à la citoyenneté ce qui suppose que l’on protège les enfants des appétits des firmes mais aussi de leurs propres pulsions consommatrices qui les conduisent à s’enfermer dans des «identités de marques» et à surconsommer des produits dangereux.
L’école n’a pas à se faire le vecteur d’une monoculture de la consommation en tolérant en son sein la présence de marques et de publicités. Ces dernières véhiculent des «valeurs» et des comportements qui ne sont pas ceux de l’école puisqu’ils sont fondés sur une logique de l’«avoir» et du «paraître» contraire à la primauté de l’«être» qui régit encore l’école. Nous sommes convaincus que la façon dont la société répondra à la menace que représente l’introduction des marques et de la publicité à l’école déterminera sa capacité à défendre une conception républicaine de l’enseignement.
Dans l’espoir que la représentation nationale légifère au plus vite pour assurer la protection des élèves face à toutes les formes d’agressions publicitaires en milieu scolaire et péri-scolaire, nous sollicitons votre appui pour notre demande d’abrogation de la circulaire du 5 avril 2001 et de retour à l’application de la note de service n° 99-118 du 9 août 1999.

***

Vos enfants risquent de vous remercier un jour… :oD

***

Une initiative de Casseurs de pub (lien dans la liste aussi)

Sony invente la batterie au sucre…

Par Anibé :: jeudi 30 août 2007 à 18:19 :: • Cultivons nos neurones…

Vous êtes au régime ?
Balancez votre sucre désormais inutile dans une batterie pour votre MP3!!!


Sony aurait trouvé le moyen de réaliser une batterie qui puiserait son énergie dans un sirop de sucre.
Le prototype de la batterie, formée de 4 modules bourrés de sucre, permettrait d’obtenir une puissance de 50 milliwatts (mW), suffisante pour alimenter un baladeur de musique MP3 et ses enceintes.
Chaque module se présente actuellement sous la forme d’un cube de 39 mm de côté, en matière plastique d'origine végétale.
Le constructeur annonce son intention de commercialiser ces batteries avec un rendement et une autonomie satisfaisantes, mais quelques progrès restent à faire en terme d’encombrement… (^o^)

Coucou !

Par Anibé :: mercredi 22 août 2007 à 19:29 :: • C’est entre nous…

Salut à tou-te-s

C'est juste un petit coucou pour vous dire que je suis rentrée…
Oh beh, y s'en est passé des choses, hein, pendant les "vacances"…
Je saute là-dessus et je vous fais un petit papier cette semaine…
Zibou à tou-te-s et à très bientôt!

Juste un petit bonjour en passant ! ;oP

Par Anibé :: mercredi 08 août 2007 à 20:53 :: • Terriens Amoureux

Salut à tou-te-s !
Juste un petit bonjour en passant : eh oui, je suis "en vacances", je ne suis pas chez moi, alors je ne vais pas squatter l'ordinateur des amis chez qui je séjourne et qui n'ont pas tous l'accès Internet, d'ailleurs.
Eh oui, je fais la tournée des copains et des copines!
C'est du tout beau, de l'humain: j'ai de la chance d'avoir des ami-e-s fidèles, certain-e-s depuis une trentaine d'années et que j'ai retrouvé-e-s il y a quelques jours. On ne se voit pas souvent, mais quand on se retrouve, c'est comme si on s'était quittés hier...
Je vous en souhaite autant, pour peu que vous aimiez (encore et malgré tout) le genre humain.
Reprise des "papiers" fin août ou début septembre - la rentrée va être un peu agitée, et peut-être pas seulement pour moi...

Quand même deux bonnes nouvelles, si vous avez été un peu absent-e-s ces temps-ci:

• Les infirmières bulgares ont sauvé leur peau. On leur souhaite un rétablissement serein, et de ne pas désespérer du genre humain: il y a eu une grande mobilisation populaire un peu partout dans le monde, et ce n'est pas une certaine "Cécilia" (nom de code d'un nouveau genre d'intervenant) qui aurait pu obtenir toute seule ce résultat. S'il n'y avait pas eu mobilisation, les pauvres femmes seraient encore à croupir dans les geôles...

• Campagne contre l'herbicide paraquat qui fait des ravages entre autre en Inde:
Arrêt de la Cour de Justice européenne contre le paraquat

Le Tribunal de première instance des Communautés européennes a annulé la directive de l'Union européenne autorisant l'herbicide paraquat de Syngenta. La Déclaration de Berne, qui dénonce depuis longtemps la nocivité de ce produit, est confortée dans son action contre le paraquat et demande à Syngenta qu’il le retire du marché mondial.

http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=137


Ouaaaalà !
Bizatouss et bonnes vacances
Et à très bientôt, bien sûr: même si je suis assez irrégulière dans mes interventions, je suis fidèle! :oD

PS: Si la typo vous semble un peu bizarre, pas de panique: comme je l'ai dit, je ne suis pas sur mon ordinateur, donc, y'a des petits problèmes de mise au point. Je rectifierai à la rentrée! ;oD
PPS: essai de rétablissement d'une typo à peu près "normale" le 22 août… Essai Réussi!!!… :D

La classe !!!

Par Anibé :: mardi 10 juillet 2007 à 20:33 :: • Les matins qui chantent!

Aux dernières nouvelles (France Inter, journal de 21h, aujourd'hui), les employés d'Air-France refusent de voir le gouvernement utiliser les avions de la compagnie pour ses basses-oeuvres (expulsion d'étrangers "sans-papiers").

Ils ont demandé une réunion des actionnaires pour qu'ils statuent sur cette demande.

On les comprend: quand on voit comment se passent ces fameuses "expulsions" et la façon dont se comporte l'État par l'intermédiaire de ses représentants (voir article "Délit de solidarité !), il y a de quoi s'énerver un peu…
Merci de ce geste de solidarité avec l'humanité !

Délit de solidarité !

Par Anibé :: mardi 03 juillet 2007 à 0:29 :: • Sorties

Voilà, vite fait, je sais bien qu'il est un peu tard, mais l'info vient de me parvenir…

http://enfantsetrangers.hautetfort.com/archive/2007/06/08/temoignage-apres-delit-de-solidarite.html

Témoignage après "délit de solidarité"

Voici le témoignage de Mme DURUPT, placée en garde à vue après avoir manifesté sa désapprobation des conditions d'expulsion de deux passagers d'un vol à destination du Mali, le 28 avril dernier.

«J'ai été victime des agissements de la police de Roissy un samedi, le 28 Avril, sur le vol de Air France PARIS BAMAKO, lors d'une expulsion de deux Maliens.
Sur ce vol, après un embarquement sans problème avec simplement 1/2 h de retard, nous sommes acheminés en bus au fond de l'aéroport. Une voiture de police à l'arrière de l'avion éveille mon attention, je m'installe et constate la présence de deux personnes noires entourées de 4 à 6 personnes en civil. Je suppose que ce sont des policiers encadrant des Maliens expulsés, mais je ne dis rien et je ne pose pas de questions. Je suis fatiguée, je viens d'enterrer la veille mon père et faire plusieurs heures de train, je ne pense qu'à dormir.
Le commandant de bord annonce le départ de l'avion dans quelques minutes. A ce moment les deux maliens se mettent à crier qu'ils ne veulent pas partir, les personnes qui les encadrent les ceinturent violemment et leur mettent des coussins sur la bouche pour les empêcher de crier! Aussitôt des voyageurs Maliens qui sont en majorité se lèvent, manifestent leur mécontentement et nous demandent de nous lever également pour empêcher l'expulsion de ces deux personnes.
Evidemment je me suis levée, j'étais placée quelques rangs devant eux et j'ai exprimé mon désaccord sur les méthodes, la présence policière dans l'avion et que je n'avais pas payé un billet Air France pour participer aux expulsions honteuses. Le commandant de bord intervient rapidement et décide de ne pas partir tant que les Maliens et la police sont à bord. Il est applaudi et nous attendons dans le calme la descente des personnes : ils sont descendus.
Tout se calme on s'apprête à partir mais 5 minutes après, ils sont remontés à l'arrière avec brutalité et réinstallés à leur place et accompagnés par de nombreux policiers en uniforme. Cette fois-ci, des voyageurs sont déplacés, en particulier, une famille et des enfants pour les mettre plus en avant pour les protéger des bousculades et qu'ils ne soient pas témoins des agissements de la police!!! Enervement de nouveau et attroupement autour des jeunes Maliens mais toujours sans violence, uniquement en paroles. Certains prennent des photos. Enervement de la police qui confisque des appareils et qui attend, soi disant, un grand chef !! Celui-ci arrive et décide de descendre les Maliens à condition qu'on dénonce les personnes qui ont initié l'émeute!!! Ils ne peuvent pas descendre la moitié des passagers donc ils décident de descendre deux personnes un Malien de 45 ans et moi-même âgée de 60 ans !!! (D’ailleurs un policier me dira plus tard que c’était pour montrer « qu'on n'est pas raciste ! »)
Devant le nombre de policiers et la menace d'être descendu plus personne ne dit rien. Je demande à voir le commandant mais les policiers sont menaçants et me disent que de toute façon, chaque minute perdue aggrave ma situation et que de toute façon je serai descendue par la force ! Je ne peux plus rien faire et je suis descendue avec mes bagages et mise en garde à vue avec mon homologue Malien...
Marquer comme non luIl est entre 18h et 18h30 lorsque nous arrivons au poste de police Roissy. A partir de ce moment le temps ne nous appartient plus, ils vous baladent en permanence, ils commencent par une fouille de vos affaires vous retirent tout ce qui peut être soi-disant dangereux, lunettes, montre, soutien gorge, bas, lacets, vous n'avez plus rien, vous n'êtes plus rien, plus aucun repère, vous n'avez le droit de ne rien dire. Ils préviennent mon employeur, et j'ai le droit de voir un médecin, qui constate une tension très élevée.
Au bout d'un certain temps, ils me demandent de passer dans leur bureau et me disent que si je reconnais que je suis l'instigatrice de l'émeute tout ira plus vite, ce que je refuse en disant que je ne suis pas à l'origine de "l'émeute" mais que j'ai participé à cette manifestation de mécontentement au même titre que les autres voyageurs et que je n'ai pas bougé de ma place !
Mon homologue Malien a la même position, donc on nous renvoie dans la salle d'attente, avec les deux Maliens qui devaient être expulsés, je suis reconvoquée pour faire ma déposition, je réitère mes propos, ma honte de participer malgré moi à cette pratique de la police Française et mon désaccord de payer un billet pour un vol régulier qui sert de prison.
On m'annonce que je suis donc en garde à vue pour minimum 24h sinon plus, avec peut être une comparution immédiate, que je vais être conduite menottée au dépôt pour passer la nuit! J'attends encore un certain temps puis je suis menottée et accompagnée de 3 policiers à travers les couloirs de l'aéroport, puis en voiture conduite à toute allure sans attacher les ceintures, la police est au-dessus des lois, mais je ne dis rien !
Je me retrouve donc en cellule bien sale vers 24h après avoir subi encore l'inventaire de toutes mes affaires, sur une planche sans couverture et lumière bien braquée sur vous pour vous empêcher de dormir. Heureusement j'étais une femme et j'étais donc toute seule dans la cellule, mais le monsieur malien s'est retrouvé avec un jeune alcoolique donc dans l'impossibilité de s'allonger ! Les conditions sanitaires lamentables et même pas d'eau pour se laver au minimum les mains !
Le lendemain matin évidemment pas de petit déjeuner, juste un jus d'orange et nous passons tous les deux aux prises de photos et empruntes multiples pour être fichés. Le policier pense que nous devrions être libérés vers 12h. Mais les heures passent et nous n'avons aucune information, je m'inquiète de l'heure pour pouvoir prendre l'avion de 16h40 mais apparemment les policiers ne semblent pas avoir d'information. Je commence à craindre de passer une autre journée de garde à vue.
Vers 17h, un brigadier de police vient nous avertir que nous sommes libres mais convoqués le 3 juillet à 9h, au tribunal de Bobigny, pour être jugés des faits suivants : d'avoir à Roissy le 28/04/07en tout cas sur le territoire national et depuis temps n'emportant pas prescription (je ne comprends pas ces termes!) provoqué directement Mr DIAKITE Ibbrahima et Monsieur FOFONA Samba, tous deux reconduits à la frontière, ainsi que les autres passagers du vol Air France.......à la rébellion par des cris et discours publics en vue de faire opposer une résistance violente à des personnes dépositaires de l'autorité publique, etc., faits prévus par l'ART 433-10 al.1 du code pénal et réprimés par le même article.
Voilà où j'en suis à 17 h. L'avion est parti et nous devons rester une nuit de plus sur Roissy. Heureusement nous avons trouvé à Air France une hôtesse qui, vu les circonstances, ne nous a fait payer que le changement de billet soit 80 euros. L'information qui avait été donnée au personnel c'est qu'on était descendus de notre plein gré, ne voulant pas cautionner cette expulsion !!!
Voilà ! Je crois que ce genre de pratique doit se répéter régulièrement et en particulier le samedi car il y a moins de passagers ! Je suis donc à votre disposition pour de plus amples informations afin de faire connaître au public les agissements et les méthodes inhumaines de notre police.
Marie-Françoise Durupt»

3 juillet, 9h : procès à Bobigny de Mme Durupt, 60 ans, victime de la solidarité
Soyons nombreux pour la soutenir à l’audience
Tribunal de Bobigny, 11 ème chambre (et non la 9°)

Les tulipiers sont en fleurs !

Par Anibé :: vendredi 01 juin 2007 à 20:39 :: • Les petits plaisirs

Et revoilà le temps des fleurs pour le Tulipier de Virginie…



Imperturbables, indifférents aux aléas de la politique, mais sensibles au temps qu'il fait, les tulipiers du quai de Loire, sur le canal de l'Ourcq, ont fleuri en début de cette semaine - avec trois semaines d'avance par rapport à l'année dernière (voir l'article "Les fleurs du tulipier, cachées dans le feuillage…" du 18 juin 2006).



La Nature s'adapte à tout…
Nous devrions "en prendre de la graine"… fleurir envers et contre tout…

Si vous êtes dans le coin, allez vite voir les tulipiers en fleurs: ça ne dure pas !



De la Démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville

Par Anibé :: samedi 26 mai 2007 à 21:19 :: • Cultivons nos neurones…

De la Démocratie en Amérique
Alexis de Tocqueville

Livre II, 1840 (10/18, 1963)
Extraits

Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.
Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d'eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu'ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n'aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d'eux à la prospérité de tous. Il n'est pas besoin d'arracher à de tels citoyens les droits qu'ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)
Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s'emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu'il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu'il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d'ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d'apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s'éveillent et s'inquiètent ; pendant longtemps la peur de l'anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c'est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s'ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu'elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l'ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l'homme qui doit l'enchaîner peut paraître. (…)
Il n'est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d'une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l'immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l'on s'étonne en voyant le petit nombre de faibles et d'indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple.

Vous aviez vraiment envie… Un petit jeu-test pour les soirées des "travailleurs plus"…

Par Anibé :: mardi 15 mai 2007 à 17:11 :: • Cultivons nos neurones…

Pour reprendre à ma manière une lettre de José Bové…

Vous aviez vraiment envie que les pauvres deviennent toujours plus pauvres et que les riches deviennent toujours plus riches ?
Vous aviez vraiment envie de travailler plus pour travailler plus ?
Vous aviez vraiment envie que les patrons continuent à empocher des millions d’euros d’indemnités de départ alors que leur incompétence a mis des milliers de personnes au chômage ?
Vous aviez vraiment envie de voir les services publics réduits à la police, la justice et l’armée ?
Vous aviez vraiment envie que l’État social disparaisse ?
Vous aviez vraiment envie d’un État policier et carcéral ?
Vous aviez vraiment envie que les contrôles au faciès, les rafles et les charters se multiplient ?
Vous aviez vraiment envie que les quartiers populaires soient mis à feu et à sang par les provocations policières ?
Vous aviez vraiment envie que notre pays s’engage dans la même logique guerrière que l’Italie avec Berlusconi et les États-Unis avec Bush ?
Vous aviez vraiment envie que la planète soit pillée et que la malbouffe soit notre pain quotidien ?
Vous aviez vraiment envie que les médias soient à la botte du pouvoir ?

Alors vous avez bien fait de voter pour Nicolas Sarkozy !

Il m'est arrivé autrefois de fournir des jeux à une entreprise de presse. Je vous propose donc un petit jeu-test!

Au départ, 3 possibilités :
1) vous n'avez pas voté pour N. Sarkozy ;
2) vous avez voté pour lui (ou voté blanc, ou vous vous êtes abstenu) et vous le regrettez déjà ;
3) vous avez voté pour lui et vous ne le regrettez absolument pas.

1) Merci ! On se sent moins seuls…
On peut peut-être encore sauver quelque chose, mais ça ne va pas être facile.
Direction : les législatives. Mission : convaincre L'ENSEMBLE de la gauche d'arrêter de se bouffer le nez car ce ne sont pas seulement LEURS carrières qui sont en jeu, mais très exactement NOS vies, avec tout leur arrière-plan humain : liberté, santé, éducation, etc.
Les prévenir que s'il n'y a pas de contre-pouvoir au sommet de l'État, non seulement nous subirons énormément de dommages, mais les risques de conflit - que nous voyons monter très nettement depuis plusieurs années (pour ne pas dire depuis 2002!) - seront tels qu'il serait bien étonnant que cela n'éclate pas. C'est juste un constat, mais c'est très perceptible quand on est VRAIMENT à la base!
Le problème pour le "nouveau pouvoir", c'est que même la police commence à renâcler…

2) On ne vous dit pas merci, mais vous pouvez vous racheter. Voir (1)

3) 3 possibilités : a, b ou c…

a) Vous avez énormément d'argent, et vous méprisez le genre humain, que vous considérez dans son ensemble comme un stock de larbins à votre service.
Souvenez-vous des différentes révolutions et guerres civiles qui dans le monde ont été provoquées par l'arrogance et l'avidité des possédants - y compris en France -. Constatez que ce processus est actuellement à l'œuvre dans de nombreux endroits dans le monde. Imaginez qu'un pays où les parents autrefois espéraient que leurs enfants auraient une vie meilleure qu'eux, ne peut sans réagir voir s'écrouler cet espoir pour lequel ils se sont parfois privés tout une vie, et supporter en plus de voir les gens comme vous se payer leur tête et leur dire de «travailler plus» tout en se servant la part du lion, en refusant de rétribuer correctement le travail, et en traitant d'"assistés" ceux qu'ils ont licenciés par avidité…
Par ailleurs, souvenez-vous également que le service public ÉTAIT au service du plus grand nombre. VOUS y compris. Vous avez voté pour sa disparition. Vous n'aurez plus qu'à payer TRÈS cher pour un service qui ne sera pas forcément meilleur, ni même égal, mais PRIVÉ. Et donc soumis à concurrence. Et qui donc fera des économies sur votre dos. Ce que vous ne supportez généralement pas. Hélas, on ne peut avoir en même temps le beurre et l'argent du beurre. Ne comptez pas sur moi pour vous plaindre.
De plus, contrairement à ce que vous croyez, l'argent ne pouvant tout acheter, il y a un moment où vous allez précisément manquer de quelque chose que vous ne pourrez pas acheter : la tendresse humaine. Je vous suggère de ne pas, à ce moment-là, solliciter ceux que vous avez méprisés.
Vous n'aurez qu'à aller tâter de la tendresse des déchets nucléaires - que vos ingénieurs entassent depuis des décennies sans savoir comment s'en débarrasser - et des OGM - que vos amis les patrons imposent aux agriculteurs pour les ponctionner encore davantage.

b) Vous avez un très bon salaire - ou de très bonnes rentes, une très bonne retraite… -, vous méprisez tout ce qui gagne moins que vous, et vous vous considérez au-dessus des lois.
Avez-vous entendu parler de "la roue de fortune" ? C'est un symbole qui explique que tout ce qui est en haut, un jour se retrouve en bas. Et inversement, que tout ce qui est en bas, un jour se retrouve en haut. (Cela s'appelle "l'impermanence des choses"). Et que, comme dit le proverbe: «Si haut qu'on soit assis, on n'est jamais assis que sur son cul.» Autrement dit, vous n'êtes pas à l'abri d'un "accident" de la vie, voire - comme vous avez voté pour cela - d'une dénonciation, d'un "délit de sale gueule", d'un "défaut génétique"… Bref, vous venez de faire une erreur, en sciant la branche sur laquelle vous êtes assis. Bonne chance.
Au fait, vous avez peut-être une possibilité de rattraper le coup. Essayez de convaincre vos amis - si vous en avez encore - de voter à gauche, histoire qu'il n'y ait pas qu'une bande de hyènes aux commandes du pays…

c) Vous n'avez pas d'argent, ou pas beaucoup. Vous n'avez pas de patrimoine. Vous en voulez juste à la terre entière à cause de ça. Vous êtes persuadé que "les autres" (au choix : femmes, chômeurs, étrangers, jeunes, petits fonctionnaires, artistes…) sont responsables de votre malheur - ou de votre manque de bonheur -. Je ne vous enfoncerai pas, je me contenterai de vous dire que vous vous trompez d'ennemis: les gens responsables de votre misère, ce sont ceux qui vous font travailler sans vous payer DÉCEMMENT.
On vous a MENTI ! Ouvrez les yeux, atterrissez et rectifiez le tir, en votant intelligemment aux législatives, c'est-à-dire pour la gauche, mais en promettant de la surveiller de près pour que pas un n'aille dérouler le tapis pour les pompes luxueuses du grand capital.

Bonne route aux êtres de bonne volonté.

Intermède…

Par Anibé :: mardi 08 mai 2007 à 21:44 :: • C’est entre nous…

«M. Sarkozy, s'il est élu, a déclaré qu'il se retirerait quelques jours dans un lieu secret pour prendre la mesure des fonctions qui allaient désormais peser sur ses épaules…»

On l'imaginait déjà retiré dans un monastère trappiste…
se vouant au silence pour quelques jours de recueillement…
vêtu d'une aube blanche, symbole de pureté…
se nourrissant de pain et d'eau, symbole de pauvreté…
passant des nuits en prière pour implorer la divine providence de l'aider à porter noblement cette lourde charge…
de secourir la veuve et l'orphelin…
tel un chevalier du Moyen-Âge à la veille de son adoubement…
on le voyait nimbé de la lumière tombant d'un vitrail au soleil levant…
c'était beau d'avance…
:oD

Bon, le scénario est certes un peu différent…

Mais bande de mécréants…

Vous croyez qu'on ne peut pas prier sur un yacht de 60 m loué 200.000 euros la semaine ?
Vous croyez que les repas au Fouquet's sont moins frugaux que ceux d'un monastère trappiste?
Vous croyez que la compagnie de Johnny Hallyday, de Cécilia (tiens, une revenante…) et des potes du "Caca-rente" est peu propice au recueillement?
Vous n'avez rien compris à la subtile philosophie de notre Petit Timonnier! ( attends, je peux pas dire "Grand Timonnier", y'aurait des risques d'erreur sur la personne: celui-là c'était un dictateur paranoïaque! Faut pas confondre… il avait pas été élu démocratiquement, lui… )
D'abord, l'île de Malte, c'est quoi, bande de mécréants? hein? C'est le lieu de naissance** des chevaliers de l'ordre souverain de Malte!!! et toc! Les voilà, tes chevaliers en blanc, mauvaise langue!

(** pour les détails, voir votre dico: avant, ils s'appelaient "les chevaliers de St-Jean de Jérusalem", mais je vais pas vous raconter tout le topo sinon j'en ai pour une heure de retranscription…)

Les fonctionnaires

Par Anibé :: mardi 08 mai 2007 à 16:41 :: • Cultivons nos neurones…


Les fonctionnaires
ah, ça vient, patience… je vais manger, enfin, s'il reste quelque chose dans le frigo, parce qu'avec ce que je touche, c'est pas les 53% qui vont me nourrir… :oD

Ces salauds d'artistes!

Par Anibé :: mardi 08 mai 2007 à 16:37 :: • Cultivons nos neurones…

Les artistes
53% des gens qui ont voté dimanche 6 mai haïssent les artistes (voir "Mon centième papier"), dont ils sont persuadés qu'ils gagnent des millions sur le dos des contribuables.
Il y a UNE POIGNÉE d'artistes du spectacle dans ce pays qui gagnent TRÈS BIEN leur vie, et certains acceptent en effet de toucher des indemnités ASSEDIC quand ils n'ont pas de contrat (y'a pas de petit profit).
L'IMMENSE MAJORITÉ des artistes du spectacle rament comme des malades pour joindre les deux bouts, avec des contrats qui ne payent, dans le meilleur des cas, que les représentations, et pas les semaines ou les mois de travail sur la construction des spectacles.
En raison de ces contrats, la plupart ne touchent jamais les indemnités ASSEDIC, puisque travaillant sans être payés, leurs cotisations ne sont pas suffisantes. Il faut également savoir que quand on enseigne, on n'est en principe pas considéré comme faisant son métier d'artiste, et donc cette partie des cotisations n'est pas prise en compte par l'ASSEDIC du spectacle! Il y a maintenant une faible "tolérance" de quelques pourcents!!!
Comme si on pouvait enseigner un art sans le pratiquer, alors qu'on ne fait que ça…
Si bien qu'avec la grande valse des changements pratiqués plusieurs fois par an depuis quelques années dans le règlement de l'ASSEDIC, de nombreux artistes se retrouvent actuellement au RMI…
Des assistés, qu'on vous dit!!!
Sauf que quand M. Sarkozy dit «il y a des gens qui sans travailler touchent plus que des gens qui travaillent», il parle DE TOUTE ÉVIDENCE des ses amis les actionnaires des gros trusts et grosses boîtes multinationales, qui en effet, n'ont pas besoin de travailler pour toucher ÉNORMÉMENT PLUS que le prolo de base qui sue toute la semaine sur son outil de travail!
D'autres artistes : écrivains, peintres, sculpteurs, etc. n'ont pas de statut de salariés et n'ont donc pas droit aux indemnités ASSEDIC.
Comment font-ils?
Les écrivains ont pour la plupart un "autre métier". Pas tous.
Les peintres, sculpteurs, et beaucoup d'autres: quand ils vendent leur travail, ils sont contents. Quand ils ne le vendent pas, ils essayent de survivre. Certains ont aussi un autre métier, mais s'il est relativement possible de peindre en dehors des heures de "travail normal" (!), c'est un peu plus délicat pour d'autres activités : la sculpture, par exemple…
Ce sont des métiers de "fégnants", vous disent 53% !
Fainéants? qu'ils essayent seulement un jour, ils verront si c'est pas plus crevant que d'aller jouer au golf avec les amis de N. Sarkozy
Enfin, moi je dis ça, c'est histoire de remettre un peu les choses à l'échelle… Bref, pas d'indemnités!
Ah oui, mais répondrez-vous, ils font ça POUR LEUR PLAISIR!
Ah! saleté d'ESPRIT DE MAI 68!!!
Faut LIQUIDER tout ça!!! TU GAGNERAS TON PAIN À LA SUEUR DE TON FRONT!!!
Non mais… Manquerait plus qu'on veuille faire un travail qui nous plaît, sans blague!
Hmmmm… Puis-je me permettre de suggérer que si on liquide "tout ça", les enfants des écoles (ceux des 53% comme ceux des 47%) n'auront plus de spectacles OFFERTS ou à des tarifs tellement invraissemblablement bas (genre 2, 3 ou 5 euros) qui viendront se déplacer spécialement pour eux, pour leur offrir de la beauté et du bonheur et leur offrir une vision de la vie un peu plus épanouissante que TF1…
M'enfin, moi je dis ça…
Et je passe sur tout le reste : éveil musical, ateliers artistiques dans les écoles, dans les centres culturels, séances scolaires dans les théâtres… impossible de tout énumérer, il y a une quantité incroyable d'activités proposées aux enfants d'âge scolaire.
Ben tout ça, déjà que c'est TRÈS MAL RÉMUNÉRÉ actuellement… ça va disparaître, PUISQUE 53% N'EN VEULENT PLUS et qu'ils ont élu un PRÉSIDENT qui va karchériser tous ces ASSISTÉS pour en DÉBARRASSER LE PAYS!!! (je rappelle que c'est ce qu'on entend, je n'invente rien)
Et leurs enfants, me direz-vous, qui n'auront plus cette belle culture mise la plupart du temps gratuitement à leur disposition? Ils n'en ont rien à f… de leurs enfants! Z'ont qu'à regarder TF1!

Mon centième papier…

Par Anibé :: mardi 08 mai 2007 à 15:04 :: • On remonte les manches

Funeste horizon…
Ô gens de ce pays, avez-vous donc oublié une certaine période d'avant la 2ème guerre mondiale? Avez-vous donc oublié ce que disaient certains à propos des Juifs?
Avez-vous donc oublié une certaine période d'occupation pendant la 2ème guerre mondiale?
Avez-vous donc oublié ce qui s'est passé pendant la 2ème guerre mondiale, ici et ailleurs, pour les Juifs, les Roms, les homosexuels, les communistes?

(Ce n'est pas un choix de ma part, ces "catégories", c'était un choix clair des "décideurs" de l'Allemagne, dont le chef avait été DÉMOCRATIQUEMENT ÉLU…)

Je ne souhaite pas extrapoler, mais ce que je viens de lire et d'entendre - depuis des mois, et cela explose littéralement depuis une semaine -, ce sont DES TORRENTS D'INJURES ET DE HAINE, envers des gens qui, pour la plupart, se dévouent depuis toujours pour l'ensemble des habitants de ce pays, entre autre de nombreux artistes, la plupart des enseignants, les bibliothécaires, etc.
Je vais donc tenter de faire une petite mise au point sur des catégories particulières : les artistes ("assistés", selon l'expression personnelle de notre NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE), les enseignants, les bibliothécaires (2 catégories de "privilégiés"…), les RMIstes (la crème des "assistés", comme de bien entendu).
Voir les papiers ci-dessus : il va de soi que je ne parlerai que de ce que je connais, soit par expérience personnelle, soit par mon entourage - petit associatif, généralement pas payé, généralement sans subventions, bref, que des "profiteurs" et des "assistés".

Direction : les Législatives !!!

Par Anibé :: dimanche 06 mai 2007 à 19:43 :: • On ne gagne pas à tous les coups…

Y'a du pain sur la planche…
Nous vivions donc, sans le savoir, dans un pays où les citoyens ont majoritairement des sympathies fascistes?
Nan… c'est juste qu'ils ne se tiennent pas au courant! Ou qu'ils ne savent pas lire. Ou qu'ils ne lisent que le Figaro…
Sans parler de ceux qui ont estimé inutile de se déplacer.
Sans parler de ceux qui n'avaient «pas envie de voter "contre"» (sic)

Faut juste espérer que ceux-là feront l'effort de se déplacer pour les Législatives!!!

Une femme que j'admire…

Par Anibé :: dimanche 06 mai 2007 à 2:46 :: • Terriens Amoureux

Moi, je l'aime bien, cette femme-là : elle a du caractère, une sacrée personnalité, même si pas toujours commode.
C'est sûr qu'elle fait partie du paysage culturel français, Mnouchkine…
Tiens, vous devriez aller faire un tour sur son blogue…
http://mnouchkine.blogs.liberation.fr/
(je le mets en lien…)

LE CONTREBANDIER, histoire ancienne…

Par Anibé :: samedi 05 mai 2007 à 0:29 :: • Les petits plaisirs

Une histoire pour sourire… et bien sûr, réfléchir, comme toutes les histoires qui font sourire… (^o^)
J'ai trouvé ça dans mes périgrinations…

Gus van der Brugg (traduisez Dupont) allait chaque jour récolter de l'herbe pour ses lapins de l'autre côté de la frontière. Il repassait donc en fin d'après-midi avec, sur le cadre de son vélo, un énorme sac plein de pissenlit, de séneçon, et bien d'autres herbes choisies qui font le régal des lapins gastronomes.
Cela ne manquait pas d'intriguer fortement le douanier Peter Desmedt (traduisez Lefèvre) qui, immanquablement, sondait le sac, lorsqu'il ne forçait pas Gus à le vider entièrement.
Et, chaque fois, ledit sac ne contenait bien que de l'herbe.
– Dis-moi une fois Gus, elle n'est pas bonne l'herbe en France pour que tu te donnes le mal de venir la chercher en Belgique ? demandait souvent le Douanier.
– Tu sais Peter, les lapins c'est comme les gens qui préfèrent manger dans des restaurants chinois ou italiens, il y en a qui ont des goûts exotiques. Les miens ils préfèrent l'herbe belge.
Et ainsi pendant des années jusqu'à ce que, le douanier Desmedt ayant été admis à prendre sa retraite, il aille questionner van der Brugg :
– Ecoute Gus, maintenant je suis en retraite, je te promets de pas le répéter à mes collègues encore en activité, dis-moi ce que tu passes ainsi tous les jours avec ton herbe à lapins.
– Ben, des vélos, bien sûr.

De cette blague très ancienne, on trouve une version-source dans un recueil d'histoires que racontaient les maîtres soufis iraniens au treizième siècle. Là, ce sont des ânes que passe le contrebandier sous le nez du douanier, de même que dans de multiples versions "Nasreddine" du bassin méditerranéen.
Que voulaient faire comprendre les maîtres soufis à leurs disciples avec cette anecdote ? Que nous ne voyons pas la vérité "qui nous crève les yeux" obnubilés que nous sommes par le voile d'illusion qui les recouvre. Mais vous aviez compris, bien sûr…

Bon weekend et n'oubliez pas d'aller voter dimanche !

La Ligue des Droits de l'Homme appelle à voter Ségolène Royal

Par Anibé :: vendredi 04 mai 2007 à 21:30 :: • Sorties

Le 6 mai, barrons la route à l’autoritarisme, votons pour défendre les droits et les libertés
Contre-pouvoir et association civique luttant contre l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance, la Ligue des droits de l’Homme n’intervient dans le débat électoral que si le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont en jeu.
Nous venons de vivre cinq années de régression des libertés, de l’égalité et de la fraternité. Tous les pouvoirs ont été accaparés par un seul courant politique. L’autoritarisme, le recours aux moyens d’exception ont accompagné le renforcement du contrôle social, le choix du tout répressif, le recul des droits des justiciables, les attaques contre l’indépendance des juges. L’insécurité sociale a été renforcée pour les plus faibles, la protection sociale fragilisée, la précarité du travail encouragée. Les « marginaux », les « différents », les jeunes des quartiers défavorisés, ont été traités en boucs émissaires, les étrangers traqués jusque dans les écoles maternelles, les familles les plus démunies sanctionnées pour leur pauvreté.
Si Nicolas Sarkozy se voyait confier la plus haute charge de l’Etat, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas : loi durcissant encore la répression pénale, nouvelle loi anti-étrangers, contrat de travail « unique » se substituant au CDI, sans parler du ministère de l’« identitaire » et de l’immigration… Il est de notre devoir d’alerter les citoyennes et les citoyens de ce pays : la poursuite et l’amplification de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un «rêve» mais un cauchemar. Nous ne voulons pas d’une démocratie muselée qui, parce qu’elle laisserait sur le bord de la route des millions de personnes, attiserait le communautarisme, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie aux révoltes sociales.
Nous voulons une autre France : fière de sa diversité, soucieuse que chacun puisse réaliser ses aspirations, porteuse des libertés et rénovant sa démocratie. La France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle met ses actes en accord avec son ambition séculaire de voir tous les droits valoir pour tous. Pendant qu’il en est temps, la LDH appelle les électeurs à choisir la solidarité et non la peur, le respect et non les menaces, l’égalité et non les discriminations."
La Ligue des droits de l’Homme appelle à voter et à faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal.

Témoignage d’un ex-officier de police

Par Anibé :: vendredi 04 mai 2007 à 19:53 :: • Cultivons nos neurones…

Sans casque, ni bouclier : le témoignage d’un ex-officier de police sur les pressions exercées sur les forces de police pour "faire du chiffre" à tout prix.
Suivre le lien "Sans casque, ni bouclier" (colonne du bas à gauche, comme d'hab')

Ah, au fait…

Par Anibé :: vendredi 04 mai 2007 à 17:50 :: • C’est entre nous…

Oui, tiens, au fait…
C'est curieux, ces sondages, quand même, hein…
Avec leur air de dire «non mais de toute façon c'est bouclé, c'est le candidat préféré des gros patrons qui va gagner, puisqu'on vous le dit, c'est même pas la peine de vous déranger… Vous verrez : le STO, c'est pas si mal… et puis l'eugénisme, où il est le problème?… Nan, mais vous inquiétez pas, vous verrez, une petite piquouze de temps en temps et tout ira très bien…»

Je voudrais pas avoir l'air obsédée, mais quelque chose me dit qu'encore une fois, les sondages nous prennent pour des C***.
Un indice : 22% d'"indécis" !!! Pour qui vont-ils voter, ces 22% de gens dont on ne sait "rien"?
Comme dit LA candidate : «La victoire est à portée de main!»
Allez, un petit effort : TENDEZ LA MAIN, mettez son bulletin dans l'enveloppe et l'enveloppe dans l'urne… Et comme ça, on aura le plaisir en plus de faire plein de jeux de mots marrants :
"Notre royale présidente"
"Madame Royal, présidente de la République" (ça, c'est un jeu de mot pour les calés en histoire!)
"Une République très royale…"
Bon, j'arrête. Tout ça, c'est pour me remonter un peu le moral.
Allez, me faites pas de blague… sinon je ferme mon blogue! (de toute façon, je pense qu'on ne me laisserait pas le choix : voir "Faits divers de la censure" dans le papier précédent…)

«Lui confier le pouvoir, c’est comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel»

Par Anibé :: vendredi 04 mai 2007 à 17:45 :: • On remonte les manches

Un article de "Marianne"…
Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler
de Jean-Francois Kahn, avec Serge Maury, Philippe Cohen, Laurence Dequay et le service France de "Marianne"

Glaçant ! Il a dit glaçant. Mais s’il ne l’avait pas dit ?
Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine génétique, qu’on était en quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus - retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime - sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse.
Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n’avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne. Comme s’il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l’UMP que de stigmatiser le leader du Front national.
Comme si Sarkozy faisait peur.
Or cette sortie intervenait après l’annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d’un «ministère de l’intégration et de l’identité nationale», annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l’extrême droite autrichienne de Jôrg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques, telles qu’on n’en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante d’avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu’ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute trahison.
Or, cela n’avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s’aplatisse ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s’écrasent.
Tant le personnage fait peur.

SES MOTS POUR LE DIRE
Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent? Parce qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de ses réactions ?
La preuve par l’affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre délégué à l’Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l’Intérieur, s’excuse : «Je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy.» En guise d’agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l’insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu’il aurait osé murmurer : « Je ne m’appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l’histoire, comme l’ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C’est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce n'était là qu’infâme menterie. D’ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il « croit n’avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu’effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag !
Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop. Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n’a cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d’être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n’a qu’à se déplacer ! ». Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l’adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! ».

INSULTES...
C’est d’ « enculés » que se font traiter les confrères d’une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs... qu’il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d’être favorable à François Bayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier: « je vais tous les piquer. Les niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas «la salope» ? L’économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMP Il reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s’en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n’ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu’il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre !
Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait l’incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu’ils lâchent Bayrou. L'enquête en question a été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l’appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n’est pas bon. Ça eût dérangé !

IL N’A PLUS BESOIN D’INTERVENIR
Or, comme on ne prête qu’aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d’être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas la peine. Il n’a même pas besoin. Quand Paris-Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade qu’il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore : parce qu’il avait appris qu’on s’apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n’intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu’il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « je connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre rédaction. »
On s’interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, est-ce la crainte qu’il suscite, la peur des représailles s’il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ?
Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s’expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consœur de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère. Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c’est le gaullisme. Je voulais, j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

LES CONFRÈRES ETRANGERS OSENT, EUX !
Les confrères étrangers, eux, n’ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d’une radio suédoise interroge tout de go : « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitunglui décerne le prix de « l’homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple ». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIX> siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s’est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie.

LA PEUR DE LA TRAPPE
En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d’analyse était indicible. On n’ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l’emporte ? De la trappe qui s’ouvrira aussitôt ?
Celle qui s’est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n'ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu’un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu’étant l’une des rares à oser s’adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d’une nuée de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s’était en outre inquiétée de sa tendance à s’immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur. Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.

CATHERINE NAY ENTRE LES LIGNES
Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au candidat UMP, assez nombreux, n’ont jamais eu cette chance. Or la lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ; mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait psychologique extraordinairement préoccupant : celui d’un homme dont l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu’un livre, celui dont son ambition constitue la trame. N’écoute qu’une seule musique, celle qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre perspective que celle dont sa personne dessine l’horizon, sur un autre monde que celui dont il occupe le centre.
Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement qui l’obsède et rythme ses discours : son propre changement, dont il fait comme un ressort. « C’est vrai, explique-t-il à Catherine Nay, j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal... Mais j’ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand désarroi de ceux qui l’idolâtraient quand il était, à l’en croire, si mauvais, il fera l’aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires pour mieux magnifier l’ampleur des métamorphoses par quoi il se transcende. Quitte à se révéler, à l’usage, plus égotique et plus brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité des choix que j’ai faits. Jusqu’à présent, je n’avais pas mesuré. »

IL N’A PAS LE DROIT DE LE DIRE
Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de « bonapartiste » ? L hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de boucliers indignée sur le plateau de l’émission. On n’a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement pour déclarer Dominique de Villepin passible de l’asile d’aliénés. Un talentueux éditorialiste de droite convient, en coulisse, qu’il y a « un vrai problème ! ». Halte là ! On n’a pas le droit de dire ça ! C’est tabou !
Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l’ex-responsable socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco. Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également tout oser. Ce n’est qu’à propos de Nicolas Sarkozy qu’on n’aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu’en revanche il serait loisible, comme Paris-Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu’ils en auraient « pleuré de honte », mais qu’on ne peut rien contre un ordre d’en haut ! (L’Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : « Sarkozy : il gardera son calme. »)

ET, POURTANT, EN PRIVE, ILS LE DISENT
Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent (ou si on leur interdit) d’en faire état, qu’au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat. » Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort l’adversaire. » Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme. « Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarko écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. »
Un des plus importants hiérarques l’UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?) renchérit : « Sarkozy, c’est le contraire l’apaisement. Chirac, vous verrez, on regrettera. Lui, il n’a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la révolte aujourd’hui.» «La France, c’est du cristal» dit, inquiet, Jean-Pierre Raffarin.
Dominique de Villepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense pas moins... que Sarko «a loupé sa cristallisation» ; que «sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence». Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement) ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : «Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler.» D’autres brodent «C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte.» A quoi Roselyne Bachelot réplique : «Mais tous les hommes sont immatures !» On ne parle plus, on n’ose plus parler, comme hier - du moins tout fort -, de «malfrat» ou de «petit voyou» (pourtant, ce qu’on l’a entendu !). Mais, dans les coulisses de l’Elysée, on laisse simplement tomber : «On fait confiance au peuple français !» Et, justement, il y a encore trois semaines, on se communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de François Bayrou. Non point qu’on l’aime, celui-là, ce «démocrate-chrétien jésuitique» mais, enfin, on ne va pas «laisser la France tomber entre les mains de Catilina», dangereux aventurier populiste romain dénoncé par Cicéron.

COMME UNE BANDE DES « CITES »
Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de s’opposer au ministre de l’Intérieur à propos des "peines plancher". Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son effarement. Cette simple prise de distance lui valut d’être désigné du doigt, menacé de représailles, ostracisé par le clan avec une violence «digne d’une bande des cités».C’est d’ailleurs un ex-haut responsable du RPR qui raconte : «En septembre 1994, aux journées parlementaires de Colmar, alors que Balladur était donné gagnant par tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy. Elle respirait l’arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu’il allait "leur en cuire"» L’ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine Jean-François Probst confirme : «Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut intimider les gens. Quand je l’ai rencontré, dans les années 80, il avait déjà ses qualités - énergie, ténacité -, et ses défauts, dont j’imaginais qu’il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu’il comblerait son inculture. Bernique ! Il n’a fait que courir d’une lumière l’autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s’ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu’il reçoit à Bercy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto.»
Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes ralliés à l’UMP confient, à qui veut les entendre (mais les journalistes qui les entendent n’en rapportent rien), que l’hypothèse d’une présidence Sarkozy les terrifie ; qu’il y a «de la graine de dictateur chez cet homme-là» ; que, constamment, «il pète les plombs», de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des groupies enthousiastes de l’homme qui seul peut les faire gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le courage. Mais même eux n’étouffent pas totalement leur inquiétude et soulignent volontiers sa violence. « Oui, c’est vrai, reconnaît l’un d’eux, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté. » « Il n’est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s’agit de lui-même. » « Il a un problème de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s’arrange, il mûrit, il se densifie. » Voire...

UN LOURD SECRET
Donc, il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s’interdisent, ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute s’attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D’être de droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur américain à passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi contestable venant d’un bord que de l’autre. Le débat démocratique implique qu’il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière n’étant pas moins légitime que ses concurrents. De même qu’une partie de l’opinion reproche au PS d’avoir trahi l’idéal socialiste ; de même une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de barre à droite.
C’est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec énergie et talent. Le combattre n’exige nullement qu’on criminalise a priori cette incarnation.

IL EST DE DROITE, ET APRES ?
Oui, Sarkozy, en son tréfonds - et même si on l’a convaincu de ne plus rien en laisser paraître -, est « atlantiste » et entend rompre avec la politique gaulliste d’« orgueilleuse » prise de distance à l’égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l’époque où celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en font plus le disciple de Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle français mixte tel que l’ont façonné les gaullistes, les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans leurs entreprises ». Tout est business.
Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l’Etat providence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak.
Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son « populisme » de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé. Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou berlusconienne italienne n’en fait effectivement pas un « modéré », loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu’il déroule, depuis quelques semaines, le déporte loin du centre, le qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s’y risque l’extrême gauche, est une stupidité.
Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite Jean Jaurès ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de soutenir « l’Église de Scientologie », et là d’avoir promis à Chirac une amnistie contre son soutien. Mais il n’existe aucune preuve. Donc, on ne retient pas.

CETTE VERITE INTERDITE
Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs.
Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au fond des souterrains de la France qui s’en doute, un boucan d’enfer. Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire.
Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les politiques, les médias, précisément, et les politiques n’en parlent pas !
« Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l’intelligence, ni l’intuition, ni l’énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l’UDF, officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu’il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

PLUS FORT QUE LUI...
Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c’est peut-être une qualité, est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se montre, s’affiche, se livre. D’autant, comme le reconnaît un publicitaire qui a travaillé pour lui, qu’il ne sait pas se réfréner, se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu’il est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s’interdire. Quelque chose en lui, d’irrépressible, toujours, l’entraîne au-delà. « Sur un vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même quand il s’agit d’une promenade, il se défonce comme s’il devait constamment battre un record. »
Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne peut pas s’empêcher » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même quand la prudence exigerait qu’il s’en abstienne. Ainsi, en 1994, cette salve : « L’électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n’est plus l’Hôtel de Ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les trois dernières pelletées de terre. » Il ne peut pas s’empêcher, non plus, de se livrer à un jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut-être, un leader politique n’avait aussi systématiquement pris son pied - dixit une de ses victimes au sein de l’UMP - à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. »
Après la défaite de 1995, ne s’est-il pas livré, dans le journal les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres comparses : François Fillon ? « Un nul qui n’a aucune idée. » Michel Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en pire. » Quant à Villepin, il s’est plu, si l’on en croit Franz-Olivier Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d’un boucher ». Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse ! Jamais !

IL SUFFIT DE L’ÉCOUTER
Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l’écouter. De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire parfois, sa propre préférence. Jamais hors « je ». Ce « je » qui, à l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique capable de », « le meilleur pour ». Comme si l’univers tout entier était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir constamment chez lui l’angoisse que le miroir lui dise un jour, comme à la marâtre de Blanche-Neige, qu’il n est « plus la plus belle ».
C’est pourquoi, d’ailleurs - et même ses proches s’en effarent-, il vit constamment immergé dans les enquêtes d’opinion, qui, plusieurs fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l’évolution de son image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à faire l’éloge de la violence sociale... des marins pêcheurs.
Il commande tellement de sondages qu’il est devenu le meilleur client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à l’Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions quasiment rédigées par son entourage (sur l’affaire de Cachan ou la polémique avec les juges) ne permettaient pas d’autres réponses que celles qui le plébiscitaient.

IL EST « LE SEUL QUI... »
Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse d’intervenir pour en corriger les ombres, sa capacité d’écoute (ou de lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels médiatiques à déjeuner au ministère de l’Intérieur que l’un d’eux, Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de s’imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit « J’ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n’imaginez pas qu’un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D’ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s’arrange pour qu’il n’ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d’ailleurs, lui-même les autres intervenants.
Cette abyssale hypertrophie du moi, à l’évidence, entretient chez Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques. Il suffit, d’ailleurs, de l’écouter, mais aussi de le regarder « être » et « faire ». Jamais il ne se résout à n’être qu’un membre, fût-ce le premier, d’un collectif. Forcément l’unique, le soleil autour duquel tournent des affidés. D’où sa prédilection pour un entourage de groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort, « une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

DOUBLE DISCOURS
Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt du double discours). Seul peut l’expliquer le fait que le rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de l’ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de ses concurrents, Bayrou l’ayant épinglé sur l’affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement « Un candidat devrait s’abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés - et avec quelle violence ! -, la stratégie guerrière de l’affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la rubrique « J’ai changé ») qu’il eut, certes, sa phase brutale, mais qu’il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu’il osa critiquer l’emploi du mot « racaille », le ministre de l’Intérieur hurla qu’il s’agissait d’un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu’il était inconcevable qu’un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois, il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin, son président de la République et son Premier ministre. D’une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition, mais, pendant la crise du CPE, alors qu’il avait lui-même, le premier, préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa soudain l’inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l’un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s’agissait, évidemment, d’achever Villepin.

COMME ON ASSASSINE TOUS LES CONCURRENTS...
A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans l’espoir d’un étouffement, l’industriel Poullain, le patron d’une société de revêtement, e emmené le dossier à son lieutenant, Brice Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui voyait un adversaire.
C’est lui encore qui fit distiller, dans la presse, de quoi faire continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream transformé e machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand, dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire d oui au référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social fiançai n’était-il pas conscient qu’il favorisait de sorte le camp du non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi qui ai profité de toutes les occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c’est lui, l’unique, le point central, qui porte et justifie cette cohérence. Ainsi, lorsqu’il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes, d’être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la dégénérescence morale, c’est le jour où Tapie, l’un des rares affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

FAILLITE MORALE, DIT-IL
Quelle capacité d’auto-amnistie cela révèle !
Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire, financé l’aménagement, est-ce un exemple d’attitude hautement morale ? Permettre, après qu’on fut devenu ministre, à son ancien cabinet d’avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après vente à la découpe, de continuer à porter son nom - société Arnault Claude Nicolas Sarkozy-, ce qui s’avère d’autant plus intéressant qu’on continue à détenir un gros paquet d’actions et à toucher des dividendes -, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé-collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est-ce la quintessence du moralisme intégral ? Est-ce une moralité sans faille qui permit à Thierry Gaubert d’organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement dans les Hauts-de-Seine à l’ombre des réseaux sarkozystes dont il fut, un temps, l’un des principaux rouages ? Est-ce sous le drapeau de la moralité qu’on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse Jacques Heyer qui, d’ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier Schuller en particulier) ? Les rapports d’affaires (ou de tentatives d’affaires) avec l’intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés sous le signe de l’intégrisme moral ? Le soutien constant apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s’en être abstenu ?

UN SYSTEME CLANIQUE
Sarkozy n’est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est, fût-ce à son corps défendant, le pur produit d’un système, celui du RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d’Harcourt, l’ex-députée gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l’irrépressible mafiosisation, renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d’ailleurs à présider l’établissement public.
Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d’ailleurs le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu’adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d’un emploi fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de député, hop ! , on la nomma au Conseil économique et social. Devenu, à tort ou à raison, le symbole d’une certaine « ripouïsation » d’un demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant socialiste en Algérie française, dû regagner précipitamment la métropole à la suite des graves accusations dont il était l’objet, y compris d’avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l’une de ses premières campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et en blessèrent d’autres.
Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de chauffage urbain) qu’il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l’a jamais lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des critiques d’un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami le député-maire de Levallois Patrick Balkany.
Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick Balkany. C’est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par suite d’une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4 000 à 6 000 € par habitant. C’est, d’ailleurs, le cabinet d’avocats Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les contentieux.

QUI SONT SES SOUTIENS ?
Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité candide Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d’avocats par an) et même Christian Estrosi n’ont pas précisément défrayé la chronique à cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui. Quant à son fan-club, qui prétendra qu’il n’est constitué que de parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d’impôts, comme Jean-Michel Goudard, l’un de ses principaux conseillers en communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ?
Certes, à l’image de Simone Veil ou de l’écrivain Yasmina Reza, de très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y compris certaines en provenance d’une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d’Irak. Reste que le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés, y compris les plus faisandés des ex-petits marquis mitterrandolâtres, ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n’est pas question de mettre en doute l’intégrité ou l’allergie à la déviance) le mieux placé pour dépeindre l’ensemble de ses adversaires en défenseurs de la fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

« L’IDENTITÉ NATIONALE », PARLONS-EN...
Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de « l’identité nationale » ? Mais qui se déclarait « fier d’être surnommé Sarkozy l’Américain » ?
Qui affirma, aux Etats-Unis, qu’il s sentait souvent « un étranger dans son propre pays » ?
Qui regretta que la France ait bran son droit de veto pour s’opposer à la guerre d’Irak ?
Qui stigmatisa, depuis l’Amérique « l’arrogance » dont aurait fait preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU ?
Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon ?
Nicolas Sarkozy pourrait d’ailleurs largement figurer dans la rubrique « Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans, illustrent éloquemment tout ce qui précède, c’est-à-dire une dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l’unicité de son exaltation du moi !
Citons, presque au hasard : « Il y en a combien qui peuvent se permettre d’aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J’irai systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus difficiles et j y resterai le temps nécessaire » (2005).
« Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre. » « Racaille, le vocable était sans doute un peu faible. »
« Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004).
« Maintenant, dans les réunions publiques, c’est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l’impression qu’on s’est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005).
« Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. »
« Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu’à ce que les téléspectateurs en aient la nausée » (1995).
« Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c’est de la rassurer, non de l’inquiéter La réforme doit être comprise comme un ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages).
« Je n’aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. »
« La France souffre de l’égalitarisme et d’un état de nivellement. »
« Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d’afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques Chirac » (juin 1992).
« Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se faire aimer, poser en tenue décontractée. »
On nous dira, ensuite : il faut lui faire confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?

LE VRAI DANGER
On évoque obsessionnellement le danger Le Pen. Il existe un risque, en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l’extrême droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose, lui, contrairement à son adversaire - concurrent de droite (à l’égard duquel il fait preuve d’une certaine indulgence), ni du pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu - et il peut l’être -, ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains, lesquelles disposeront, en outre, d’une majorité au Conseil constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du pays.
Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu’il n’était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite dans le métro parce qu’elle était ironique à l’égard de Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d’un grand magazine également, parce qu’ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré, parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il officiellement de gauche, n’a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy.
Voter Sarkozy n’est pas un crime. C’est même un droit. Nous ne dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance, l’anti-France et la faillite morale.
Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard - quitte, ensuite, à nous en demander compte - que nous avons écrit qu’il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger.
S’il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l’acceptons !

14 au 20 avril 2007 / Marianne

Vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas au courant : PETIT RAPPEL!

Par Anibé :: vendredi 04 mai 2007 à 17:40 :: • Cultivons nos neurones…

Avertissement :
Comme les deux papiers précédents, ces rappels d'informations me sont parvenus par différents informateurs. Merci de transmettre à vos contacts, par courriel ou par établissement d'un lien vers ce site, pour que le maximum de personnes soient informées et puissent aller voter en connaissance de cause.

Nicolas Sarkozy a programmé son accession au plus haut poste et sa personnalité est lisible dans ses actes :

Fichage ADN en cas d'infraction à la loi
Lionel Jospin avait mis en place le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) pour recueillir l'ADN des délinquants sexuels jugés coupables. La loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure a étendu le prélèvement à l'intégralité des personnes ayant affaire à la police (coupables comme suspects) quel que soit le type de délit (vols à la tire, tags, manifestations...), à la seule exception des délits financiers*. Un prélèvement ADN coûte 400 €, celui-ci est conservé quarante ans.

Fichage généralisé
Le Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC) de la police et le système JUdiciaire de Documentation et d'EXploitation (JUDEX) de la gendarmerie sont deux fichiers nationaux, en plus du casier judiciaire, regroupant procédures, infractions, individus, victimes et objets mis en cause. En tout, ce sont près de 22 millions de personnes qui y sont référencées. Ces fichiers peuvent être consultés lors d'une enquête administrative ou lors du recrutement pour certains emplois (sécurité, défense...). Leur fusion est prévue pour décembre 2007 en un seul et unique fichier : ARIANE, pour un coût de 15 millions d'euros. Viennent s'ajouter les fichiers des Renseignements Généraux (RG), Système d'Information Schengen(SIS) et du Système d'information d'Europol (TECS).
La Commission Nationale Informatique et des Libertés (CNIL), la Fédération Informatique et Libertés (FIL), la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) et d'autres dénoncent le nombre considérable d'erreurs parfois très graves (la victime devient le coupable, etc.) contenues dans ces fichiers (environ 25%) et la quasi-impossibilité pour les personnes de faire valoir leurs droits. La CNIL a ainsi supprimé 36% des fichiers Schengen (SIS) et 44% des fichiers STIC qu'elle a été amenée à contrôler en 2005, parce qu'«erronés, manifestement non justifiés ou dont le délai de conservation était expiré».

Carte nationale d'identité et passeport biométriques
Conformément à ce que recommande l'Union européenne et à ce que réclament les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, la France va se doter d'une carte nationale d'identité obligatoire et payante contenant des informations biométriques sur son porteur. Elle contiendra les empreintes digitales et l'image faciale numérisée des ressortissants français. Ce dernier fichier permettra, grâce aux logiciels de reconnaissance faciale, le contrôle d'identité par vidéosurveillance. De plus le contrôle d'identité pourra se faire par un lecteur à distance, donc à l'insu des individus**. La finalité du projet est d'instaurer une carte universelle intégrant l'identité, les informations médicales et sociales et la capacité de réaliser des transactions monétaires.

Abolition du secret professionnel
Le projet de loi sur la "prévention de la délinquance" propose le "Secret professionnel partagé" permettant aux maires d'accéder aux informations médicales, psychiatriques, sociales et scolaires de leurs concitoyens. Ils pourront les utiliser pour gérer les allocations des familles "déviantes".

Service Citoyen Volontaire
Vient d'être instauré dans dix régions pilotes le Service Citoyen Volontaire (SCV). Il s'agit pour les citoyens qui le souhaitent de s'engager en tant que bénévoles pour aider les forces de l'ordre à assurer la sécurité publique. Les volontaires seront recrutés à l'issue d'un entretien et d'une enquête administrative. Ils pourront participer «à des actions de soutien et de renforcement de l'autorité parentale, d'accueil et de suivi des victimes, de prévention, de médiation et d'explication de la loi dans le cadre de structures scolaires». Dans le cadre de leurs fonctions ils bénéficieront de l'immunité policière. Les postulants sont invités à retirer un dossier d'inscription au commissariat le plus proche.

Taser : un pistolet de plus pour les forces de l'ordre
Le Taser est un pistolet infligeant une décharge électrique de 50 000 volts jusqu'à une distance de 10 mètres. La personne se voit neutralisé par la paralysie de son système nerveux pendant 5 secondes. Après une phase de test commencée depuis janvier 2004 sur 130 personnes, 1000 policiers et 1000 gendarmes ont été équipés de Taser en 2006. Le Taser ne laisse pas de traces, crée des souffrances aiguës et est susceptible d'être utilisé pour intimider, humilier, torturer ou faire parler des suspects, détenus, prisonniers ou simples citoyens. Ainsi, ce pistolet